Marie-Madeleine au tombeau
L'abbatiale de Solesmes (Sarthe), connue pour son chant grégorien, abrite également plusieurs remarquables ensembles sculptés dont cette mise au tombeau datée de 1496.
La composition est classique : les personnages entourent la dépouille du Christ mort et laissent libre cours à leur douleur immense. On reconnaît la Vierge, soutenue par saint Jean, ainsi que Joseph d'Arimathie et Nicodème à gauche. Deux soldats armés gardent l'entrée du tombeau.
Mais une figure se détache singulièrement : Marie-Madeleine est assise à même le sol, les mains posées sur ses genoux dans une attitude de prière et de méditation sereine. Quelle paix se dégage de son beau visage ! Car elle sait, elle espère. Elle aime de tout son cœur ce Seigneur qui l'a regardée et qu'elle a suivi. Sa position, en avant de la scène, incite le passant à la prière et à la contemplation, à l'exemple de celle qui a tant aimé. Elle semble familière, presque vivante, tant son attitude est réaliste. Quand on pense qu'elle a été sculptée il y a plus de 500 ans, on se dit que la nature humaine n'a pas beaucoup changé...
Marie-Madeleine a raison de faire confiance, car elle reverra son Seigneur, le matin de Pâques, dans le jardin, sans le reconnaître tout d'abord :
Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? »
Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »
Jésus lui dit alors : « Marie ! »
S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.
Evangile selon saint Jean 20, 15-16.
Un moine de l'abbaye me racontait qu'il aimait particulièrement venir prier le soir aux côtés de Marie, à genoux tout près d'elle, comme pour puiser à son exemple sa Foi inébranlable dans la Résurrection du Seigneur, elle qui en fut le premier témoin et "l'apôtre des apôtres".



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