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La force d'être heureux

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  « E coutez ! Je sais que parler ne signifie rien ; mieux vaut prêcher d’exemple et se mettre simplement à l’œuvre… J’ai déjà commencé… et… et est-ce réellement on peut être malheureux ? Oh ! Qu’importent mon affliction et mon malheur si je me sens la force d’être heureux ?  Je ne comprends pas, sachez-le, qu’on puisse passer à côté d’un arbre sans éprouver à sa vue un sentiment de bonheur, ou parler à un homme sans être heureux de l’aimer… Oh ! Les paroles me manquent pour exprimer cela… mais combien de belles choses nous voyons à chaque pas, dont l’homme le plus dégradé ressent lui-même la beauté ? Regardez l’enfant, regardez l’aurore du Créateur, regardez l’herbe qui pousse, regardez les yeux qui vous contemplent et qui vous aiment… » Dostoïevski,  L’idiot  (Quatrième partie, ch. VII)

La comtesse de Ségur, grand-mère modèle

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Les rayonnages de la Bibliothèque Rose regorgent de romans de la comtesse de Ségur, dont certains sont connus de tous comme Les malheurs de Sophie . Sous leur allure enfantine, la morale est très saine et les histoires remarquablement racontées : à mettre dans toutes les petites mains ! S ophie Rostopchine est née en Russie en 1799. Elle est issue d’une famille noble, et reçoit une excellente éducation. Son père, le comte Fiodor Rostopchine est maire de Moscou et possède le domaine de Voronovo, une vaste propriété où travaillent 4000 serfs. Sophie est une petite fille turbulente, corrigée sévèrement par sa mère qui lui inflige de dures punitions : privation de nourriture, enfermement, humiliations, coups. Cela la marque durablement et cette thématique reviendra souvent dans ses romans, comme Les malheurs de Sophie  qui s'inspire directement de sa propre expérience.  A treize ans , elle se convertit de l’orthodoxie au catholicisme contre l’avis de son père. Celui-ci est disgra...

La pluie de la joie

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« E t, au fond, ça donnait tout à coup l’idée que sur un de ces chemins ou peut-être sur tous on pouvait rencontrer la joie. Et alors, on avait envie de partir et on pensait que peut-être la joie était au-dessus des chemins de la terre comme un arc-en-ciel, et qu’elle les enjambe tous, et que quand on ne la voit pas, c’est seulement parce qu’on est mal placé, il suffit alors de marcher pour arriver à l’endroit où l’on sera dans la pluie, sous la pluie luisante de la joie, n’est-ce pas ? » Jean Giono,  Que ma joie demeure  (1935) L'image que je me fais de la pluie luisante de la joie : c'est une giboulée de mars ! Tableau : Jean-François Millet,  Le printemps  (1873, musée d’Orsay)

Manie de la tulipe !

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Au milieu du XVII e  siècle, en Hollande, l’engouement autour de cette fleur considérée maintenant comme modeste et courante, la tulipe, a pris une ampleur démesurée. Jean-Léon Gérôme,   Folie tulipière , 1882.  Des soldats sont payés à garder les champs de tulipes pour éviter les vols ! A u plus fort de cet étonnant épisode   appelé la Tulipomanie, un seul bulbe de tulipe se négociait plus de dix fois le montante du salaire annuel d'un ouvrier ! Pas étonnant que la tulipe ait été utilisée par la  suite comme symbole de la vanité : payer autant pour un objet aussi périssable qu'une fleur révèle bien la vacuité de l'âme humaine, décrite dans l'Ecclésiaste :  « Vanité des vanités, tout n’est que vanité… ». Philippe de Champaigne, Vanitas ou Allégorie de la vie humaine, 1646. Mais pourquoi donc  les hollandais se sont-ils pris de passion pour la tulipe ? C’est justement au XVII e  siècle que l’art du fleurissement des jardins a é...

Gaud, entre l'amour et la mer

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Margaret Campbell Mac Pherson  (1860-1931),  Bretonne devant la Baie «  De loin, tout paraît toujours si facile,  si simple à dire et à faire.  » M arguerite , dite Gaud, est originaire de Paimpol, petit port breton de la côte nord, mais a grandi à la ville après la mort précoce de sa mère. Devenue une « demoiselle », elle rentre au pays. Là, elle souffre du regard des autres, car elle sent bien que son statut de citadine l’a éloignée des gens du village. Elle rencontre un garçon de son âge, Yann, un islandais – ces pêcheurs partaient plusieurs mois par an pêcher en Islande. Il ne semble avoir d’yeux que pour la mer : « Moi !... Un de ces jours, oui, je ferai mes noces – et il souriait, ce Yann, toujours dédaigneux, roulant ses yeux vifs – mais avec aucune des filles du pays ; non, moi, ce sera avec la mer, et je vous invite tous, ici tant que vous êtes, au bal que je donnerai… » Toute l’histoire est centrée autour de la vie de ce...

Le chien, meilleur ami de l’homme à travers les siècles

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Amis des chiens, cet article est pour vous ! Il est l’un des premiers animaux à avoir été domestiqués par l’homme, bien avant le bœuf ou le cheval : les plus anciens restes retrouvés datent en effet de 33 000 ans. Son nom savant est Canis lupus familiaris  : c’est une sous-espèce descendant du loup gris. L es plus anciennes traces d’histoire humaine nous offrent des représentations de chiens dans les peintures rupestres, et cela n’a rien d'étonnant, car ils étaient déjà de précieux auxiliaires, ayant un talent particulier pour la chasse. On pense que la domestication a commencé dans le territoire correspondant à l'actuelle Sibérie ; les peuplades qui y vivaient ont commencé à cohabiter avec des loups. En effet, ils chassaient le même type de proies et l’homme a peu à peu utilisé l’ancêtre du chien pour l’assister. Chiens chassant un cervidé ,  site préhistorique d'Acacus (Lybie). Dans l’Antiquité , les c...

L'aventure de la vie

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  Pensée du jour pour la Saint-Valentin...  « L a vraie aventure de vie, le défi clair et haut n'est pas de fuir l'engagement mais de l'oser. Libre n'est pas celui qui refuse de s'engager. Libre est sans doute celui qui, ayant regardé en face la nature de l'amour - ses abîmes, ses passages à vide et ses jubilations - sans illusions, se met en marche, décidé à en vivre coûte que coûte l'odyssée, à n'en refuser ni les naufrages ni le sacre, prêt à perdre plus qu'il ne croyait posséder et prêt à gagner pour finir ce qui n'est coté à aucune bourse : la promesse tenue, l'engagement honoré dans la traverse sans feinte d'une vie d'homme.  Christiane Singer,  Eloge du mariage, de l’engagement et autres folies  (2000).