Le 13 décembre, on fête sainte Odile. J’aime beaucoup
cette figure chrétienne car c’est une femme d’action, pleine d’initiative mais
aussi de patience. Elle a réussi à réaliser sa vocation profonde, en dépit de
cette époque mérovingienne où la violence est encore bien présente.
Le monastère du Hohenbourg (maintenant Mont Sainte-Odile) est bâti sur le lieu du château familial.
Odile, née
vers 622, est la fille aînée du duc Etichon Aldaric d’Alsace et de son épouse
Berswinde. Malgré sa haute naissance, la vie d’Odile est remplie de dangers dès
sa petite enfance : en effet, son père est très déçu de ne pas avoir eu de
fils, et, comble de malédiction, le bébé est aveugle ! En ces temps
barbares, la sentence est implacable : il veut l’abandonner. Heureusement, sa
douce maman réussit à la sauver et la pauvre petite fille est envoyée dans un
monastère éloigné, la Palma (sans doute à Baume-les-Dames) pour fuir la colère
de son père. Là, elle découvre la foi chrétienne et recouvre miraculeusement la
vue le jour de son baptême : elle reçoit alors le prénom d’Odile (Otilia)
qui signifie « fille de lumière ».
Ses frères
essaient de la faire revenir au château familial en secret, espérant
l’adoucissement de leur père. Mais celui-ci, dans un accès de rage, tue son
propre fils Hugues lorsqu’il apprend le retour de sa fille… Odile prie et
pleure sans relâche pour la conversion de son père, qui a lieu quelques années
plus tard. Il accepte alors la vocation religieuse d’Odile et va même jusqu’à
lui donner son château de Hohenbourg pour y fonder son monastère.
Adalric donne les clés du
Hohenbourg à sa fille Odile et ses compagnes (Hortus Deliciarum, manuscrit du
XIIe siècle).
Dès lors,
le monastère prend un essor considérable et devient un centre spirituel
important. Les religieuses accueillent en secourent les pauvres gens dans cette
région rude et dangereuse. L’abbesse Odile fonde même un second monastère dans
la vallée, Niedermunster, pour épargner la difficile montée aux malades et
pouvoir les aider plus efficacement.
Sainte Odile à l’œuvre,
accompagnée par le Christ
(tapisserie du XVe siècle)
Pleine de
dévouement pour tous, elle meurt entourée de ses sœurs en 720. La
légende lui prête de nombreux miracles et on la prie souvent pour les problèmes
d’yeux. Son sarcophage est toujours visible au monastère : n’hésitez pas à
vous rendre au mont
Sainte-Odile, c’est très bel endroit. Il a connu une période de
rayonnement important et est encore un lieu de ressourcement apprécié. En 2020, les
alsaciens ont fêté le jubilé du 1500e anniversaire de sa mort : quinze
siècles et elle nous paraît pourtant si proche ! Ì
Odile abbesse est souvent représentée
avec un livre muni d’yeux ouverts
qui rappellent le miracle de son baptême.
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