Sainte Geneviève, patronne de Paris
Transportons-nous en Gaule au Ve siècle. A cette époque, l’Empire romain est très affaibli (il disparaît en 476) et les attaques de peuples germaniques sont fréquentes : vandales, wisigoths, suèves…
Statue de sainte Geneviève, jardin du Luxembourg (Paris).
C 'est dans ce contexte que
naît la petite Geneviève, vers l’an 420 à Nanterre. Fille unique de Severus et
Gerontia, riches aristocrates gallo-romains, elle a une enfance choyée. A la
mort de ses parents, elle s’installe à Lutèce (Paris), sur l’Île de la Cité,
chez sa marraine Procula. Elle exerce alors une charge héritée de son père, un
peu similaire à celle d’un conseiller municipal.
En 451, les Huns, peuple
redouté pour sa cruauté – pensez à la célèbre maxime « Là où passe
Attila, l’herbe ne repousse pas » – est aux portes de Paris.
L’affolement est général, et les habitants veulent fuir la ville pour éviter le
massacre. Geneviève tient bon : elle supplie les Parisiens de ne pas
abandonner leur ville à l’envahisseur, et exhorte en particulier les femmes à
la prière :
« Que les
hommes fuient, s’ils le veulent
et s’ils ne sont plus capables de se battre.
Nous, les femmes, nous prierons Dieu
tant et tant qu’il entendra nos supplications. »
Car Geneviève est chrétienne.
Baptisée, elle se consacre très jeune à Dieu et reçoit le voile des vierges à
une vingtaine d’années. C’est une manière, pour une femme, de mettre Dieu au
premier plan en choisissant de ne pas se marier, tout en vivant dans le
monde au service des autres. Le voile qu’elle porte est le symbole de cette
promesse.
« Geneviève veillant sur Paris », fresque visible au Panthéon (Paris).
Et Lutèce est épargnée ! Attila passe son chemin, et Geneviève se consacre à sa tâche avec toujours plus d’ardeur. Lors du siège de Paris entrepris par Chilpéric Ier en 465, les habitants sont affamés. Elle réussit à sortir plusieurs fois de la ville pour aller chercher du ravitaillement, et à y rentrer avec des cargaisons de blé de la Brie et de Champagne.
Cette femme de tête n’oublie
pas le plus important : la vie spirituelle. Elle fait bâtir une église sur
le tombeau de saint Denis, premier évêque de Paris mort martyr au IIIe siècle, et érige un monastère sur une colline
qu’on renomme après sa mort la montagne Sainte-Geneviève. Certains bâtiments de
l’abbaye font partie de l’actuel lycée Henri-IV, et l’on peut encore voir son
clocher (la tour Clovis) dans l’enceinte du lycée.
C’est dans cette église qu’elle
est enterrée à sa mort, auprès de Clovis et Clotilde, rois de France qu’elle a
beaucoup conseillés de son vivant. Près de 90 ans au service de sa ville et de
ses habitants, proche des puissants comme des plus humbles, Geneviève est une
femme étonnante, qui trouvait sa force dans la prière et la confiance en Dieu
auquel elle avait voué sa vie. Ì
La châsse contenant le sarcophage franc de la sainte se trouve actuellement à l’église Saint-Etienne-du-Mont (Paris V).



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