Mère Geneviève Gallois, religieuse et caricaturiste

Connaissez-vous Mère Geneviève Gallois ? Voilà une femme au parcours étonnant, et douée d’un sens de l’humour bien ancré !


Fille d’un sous-préfet anticlérical et née en 1888, Geneviève Gallois étudie les Beaux-Arts et se fait connaître dans le milieu artistique comme dessinatrice humoriste. A l’âge de 29 ans, elle se convertit brusquement au catholicisme et entre dans un couvent de bénédictines à Paris. Là, avec l’autorisation de la supérieure, elle continue à exercer ses talents artistiques. Elle retrouve son domaine de prédilection : la caricature, cette fois dans le cadre du couvent où elle croque avec beaucoup d’amour et de finesse la vie quotidienne de ses sœurs.

«  Je veux transposer en langage sensible le monde surnaturel  »


Autoportrait jeune fille.

On passe des tâches de la vie quotidienne (désherbage, nettoyage des toiles d’araignée, lessive, repassage, épluchage des légumes…) aux moments de prière, en passant par les grandes étapes de la vie religieuse : vêture, vœux, décès. Les scènes sont parfois commentées par la religieuse qui donne un sens spirituel à toutes ses actions. 


On désherbe. « Puissiez-vous désherber ainsi vos âmes aussi de toute cette mauvaise herbe du péché, 
de cette carie, de cette odieuse qui ronge le pain éternel. »

Elle prie en dessinant et s’interroge : « Pourquoi est-on heureux dans la vie religieuse ? Est-ce parce qu’on est délivré de la condition humaine et de sa progéniture de misères et de travaux ? Eh non ! Serait-ce parce que l’on plane au-dessus ? Qu’on cire ses souliers comme des anges ? Qu’on écosse les pois comme les Chérubins ? Eh non ! On vivote sa petite vie peineuse. Mais sous ces pauvres travaux est un lac de joie, qui boit à la Source de joie que vous avez enfantée au monde. »

Que de profondeur sous ces couches de gouache ! Mère Geneviève semble exactement répondre à la définition bien connue de l’humour : un condensé d’humilité et d’amour. On aimera, ou pas, son style anguleux. Force est de constater qu’elle a réussi à progresser sur le chemin de la vie spirituelle sans renier sa vie passée, en éclairant ses talents artistiques à la lumière du Christ. Ì


Après matines.

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