Au XI e siècle, la position de l’Eglise est politiquement délicate et le rôle de la puissante comtesse Mathilde a été décisif dans le renforcement de l’autorité papale. Mathilde de Canossa à cheval (Paolo Farinati, 1587, abbaye de Polirone). M athilde de Canossa est bien née : elle est la fille du duc de Toscane Boniface III, et par sa mère, petite-fille de Frédéric II, duc de Haute-Lotharingie. Les familles de pouvoir sont alors très exposées : son père est assassiné en 1052, tandis que sa sœur et son frère décèdent dans des circonstances douteuses. Seule héritière de sa lignée, elle reçoit une éducation très masculine et tournée vers ce que l’on appellerait maintenant la géopolitique : langues (français, latin et allemand), équitation et art de la guerre. Les relations sont en particulier très tendues avec l’empereur Henri III du Saint-Empire. La mère de Mathilde ayant épousé en secondes noces son cousin Godefroid II de Basse-Lotharingie sans son approbation, i...