Madame Élisabeth, avec les siens jusqu’au bout

Princesse royale, rien ne la prédestinait à vivre les évènements tragiques de la Révolution. Sa nature vertueuse lui a permis de les traverser les épreuves avec courage et abnégation.


Portrait par Élisabeth Vigée-Le Brun (vers 1783).

Née au château de Versailles en 1764, Élisabeth de France est le huitième enfant du dauphin Louis et donc la sœur du futur roi Louis XVI. Ses parents meurent jeunes et elle est élevée à la cour, c’est une enfant curieuse et intelligente, particulièrement douée en sciences et en mathématiques. Libre, originale et parfois dissipée, elle signe certaines de ses lettres "Elisabeth la folle", mais reste profondément respectueuse, pieuse et dévouée à sa famille. Plusieurs mariages sont projetés avec l’Infant de Portugal, avec l’empereur d’Autriche Joseph II, le frère de Marie-Antoinette, mais cela n’aboutit pas. Louis XVI propose alors à sa sœur de devenir abbesse de Remiremont, ce qu’elle refuse également. Elle aime trop la vie au grand air, est jalouse de son indépendance et s’intéresse de près à la politique. 

Elle décide donc de ne pas se marier. Le roi lui offre le domaine de Montreuil, non loin de Versailles, qu’elle peut gérer à sa guise, ce qu’elle fait avec grande générosité pour ceux qui y vivent : elle visite les pauvres gens et les malades, dote les jeunes filles de la noblesse pour qu’elles puissent se marier selon leur rang, et reste proche de ses amies de toujours. Toujours fidèle à son esprit scientifique, elle encourage les progrès de la médecine, et soutient par exemple la variolisation, sorte de vaccin contre la petite vérole qui fait des ravages à l'époque. On la surnomme la "bonne dame de Montreuil" !


Le domaine de Montreuil.

C’est lors des terribles événements de la Révolution que le courage de Madame Élisabeth peut se révéler pleinement. Elle fait face aux émeutiers qui la prennent pour la reine, sans chercher à les détromper. A plusieurs reprises, elle a l’occasion de fuir, mais elle choisit de rester auprès du couple royal, malgré le grand danger qu’elle encourt, et les soutient de son mieux. Le 7 janvier 1791, elle écrit à son amie Mme de Raigecourt :

« Je n’ai pas de goût pour le martyre ; mais je sens que je serais très aisé d’avoir de la certitude de le souffrir, plutôt que d’abandonner le moindre article de ma foi. J’espère que, si j’y suis destinée, Dieu m’en donnera la force. »

Enfermée à la prison du Temple avec la famille royale, elle finit par être guillotinée à l’âge de 30 ans, elle qui avait « tout sacrifié pour être avec nous », comme l’écrit Marie-Antoinette le jour de son exécution. La princesse est Servante de Dieu depuis 1953 et sa cause en béatification est ouverte, car elle a fait librement l’offrande de sa vie par charité. 



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