L’arbre de Noël

A l’approche de Noël, les foyers et grand-places se parent d’arbres de Noël tous plus joliment décorés les uns que les autres.


Cette tradition, d’origine païenne, a été assimilé par le monde chrétien dès la Renaissance par sa symbolique pleine de vie : en effet, le sapin est le seul arbre qui reste vert même au cœur de l’hiver, quand tous les autres arbres ont perdu leur parure.

Un grand sapin à Prague.

Une légende raconte que le moine irlandais saint Colomban, fondateur d’un monastère à Luxeuil au pied des Vosges, se servit d’un antique sapin, jusque-là vénéré par les païens, pour évangéliser la région au VIe siècle. Le soir de Noël, il fit avec ses compagnons une procession et illumina de lampes et de torches cet arbre immense en dessinant une croix de lumière à son sommet. Cet événement, marquant la vie locale, lui permit d’initier les habitants à la foi chrétienne.

Au palais royal de Stockholm, la tradition veut que la famille royale reçoive la livraison de sapins de Noël par la faculté d’agronomie.

Anecdote amusante : en 1521, le livre de comptes de la ville de Sélestat, en Alsace (faisant alors partie du Saint-Empire romain germanique), mentionne la rémunération de gardes forestiers spécialement dévolus à la surveillance des sapinières pour éviter un abattage excessif pour Noël : seuls les petits arbres peuvent être coupés, et un seul par famille !

Le sapin est au départ décoré de pommes et d’hosties non consacrées, en lien avec l’histoire du Salut : la pomme évoque l’arbre du jardin d’Eden et l’hostie le bois de la Croix où le Christ donne sa vie. Puis la décoration se diversifie, avec en particulier l’utilisation de boules en verre soufflé dès le milieu du XIXe siècle en Allemagne, qui se répandent dans toute l’Europe.

« Comme un arbre de Noël, le cœur de l’homme s’illumine
quand il sait recevoir la lumière. »
Rainer Maria Rilke.


Magnifique boule de verre artisanale.

Il devient ensuite dans le monde bourgeois lié à la fête et surtout aux cadeaux qu’on trouve à ses pieds, comme le décrit le romancier anglais Charles Dickens : « Cet arbre, planté au milieu d’une large table ronde et s’élevant au-dessus de la tête des enfants, est magnifiquement illuminé par une multitude de petites bougies et tout garni d’objets étincelants. […] Il y a des violons et des tambours, des livres, des boîtes de bonbons… […] Bref, comme le disait tout bas un charmant enfant à un autre charmant enfant, son meilleur ami : il y avait de tout, et plus encore ! »

Le sapin du XIXe siècle.

Désormais, il est difficile d’imaginer un Noël sans sapin, même dans les régions où il ne pousse pas naturellement… c’est ainsi qu’on peut admirer un immense sapin devant la basilique de la Nativité, à Bethléem, lieu historique de la naissance du Christ. Etonnant !


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