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Affichage des articles du août, 2025

Sonia la pure

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Le cavalier de bronze , Vassili Sourikov (1848-1916). Vue d'une place de Saint-Pétersbourg à l'époque du récit. P ersonnage secondaire du roman Crime et châtiment du romancier russe Dostoïevski (paru en 1866), Sonia apporte une lumière étonnante à cette histoire pourtant bien sombre : un étudiant, vivant dans une extrême pauvreté, projette l’assassinat d’une vieille prêteuse à gages et réalise froidement cet acte odieux. Il en subit durement les conséquences morales, physiques et psychologiques, sans pour autant regretter son geste ignoble ni avoir des remords. C’est après cela qu’il rencontre Sofia Semionovna Marmeladova dite Sonia, jeune fille vertueuse et exigeante, livrée en pâture à la prostitution par sa famille indigne. Malgré cette activité avilissante, elle garde une pureté d’âme remarquable et tombe amoureuse de l’anti-héros. Quelle surprise ! Comment une jeune fille de valeur comme elle, peut-elle aimer un être aussi vil et bassement mauvais que ce Raskolnikov ? Mys...

L'illusion du mouvement

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  Comment peindre le mouvement ? Le peintre Théodore Géricault a trouvé une solution étonnante ! P assionné de chevaux , Théodore Géricault les représente souvent en portrait ou en action, comme ci-dessus durant une course : Le Derby d’Epsom (1821). Les jockeys cravachent les chevaux lancés à pleine vitesse, le cou tendu vers l’avant et les pattes déployées à leur maximum. La scène semble extrêmement réaliste, l’anatomie des chevaux est parfaitement représentée, on les entend presque galoper ! Et pourtant , attardons-nous un instant sur leur position : ne remarquez-vous pas un détail étrange ? Oui, les chevaux ne touchent pas terre, ils lévitent au-dessus du sol ! Dans la vraie vie, en relevant les quatre pattes de cette manière, ils seraient tout simplement retombés sur le ventre… une telle position est donc complètement improbable ! L’étude des mouvements est venue tardive...

Madame Élisabeth, avec les siens jusqu’au bout

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Princesse royale, rien ne la prédestinait à vivre les évènements tragiques de la Révolution. Sa nature vertueuse lui a permis de les traverser les épreuves avec courage et abnégation. Portrait par Élisabeth Vigée-Le Brun (vers 1783). N ée au château de Versailles en 1764, Élisabeth de France est le huitième enfant du dauphin Louis et donc la sœur du futur roi Louis XVI. Ses parents meurent jeunes et elle est élevée à la cour, c’est une enfant curieuse et intelligente, particulièrement douée en sciences et en mathématiques. Libre, originale et parfois dissipée, elle signe certaines de ses lettres "Elisabeth la folle" , mais reste profondément respectueuse, pieuse et dévouée à sa famille. Plusieurs mariages sont projetés avec l’Infant de Portugal, avec l’empereur d’Autriche Joseph II, le frère de Marie-Antoinette, mais cela n’aboutit pas. Louis XVI propose alors à sa sœur de devenir abbesse de Remiremont, ce qu’elle refuse également. Elle aime trop la vie au grand air, est jal...