La pluie de la joie
« E t, au fond, ça donnait tout à coup l’idée que sur un de ces chemins ou peut-être sur tous on pouvait rencontrer la joie. Et alors, on avait envie de partir et on pensait que peut-être la joie était au-dessus des chemins de la terre comme un arc-en-ciel, et qu’elle les enjambe tous, et que quand on ne la voit pas, c’est seulement parce qu’on est mal placé, il suffit alors de marcher pour arriver à l’endroit où l’on sera dans la pluie, sous la pluie luisante de la joie, n’est-ce pas ? » Jean Giono, Que ma joie demeure (1935) L'image que je me fais de la pluie luisante de la joie : c'est une giboulée de mars ! Tableau : Jean-François Millet, Le printemps (1873, musée d’Orsay)