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Affichage des articles du avril, 2026

Marie Noël, la poétesse d'Auxerre

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Marie Noël a su convertir la mélancolie de son existence parfois difficile en poésie profonde et inspirée, grâce à son talent et sa grande sensibilité. D e son vrai nom Marie Rouget, elle est née en 1883 à Auxerre dans une famille aisée et cultivée. C’est une bonne pianiste et elle aime beaucoup lire. Sa vie semble facile... et pourtant, elle est émaillée de grandes souffrances personnelles : un amour de jeunesse déçu (le jeune homme qu’elle aime en secret quitte la ville sans s’être rendu compte de rien), la mort de son jeune frère Eugène un lendemain de Noël, l’attente d’une âme sœur qui ne viendra pas, des crises de foi profondes… Constamment déchirée entre sa foi quasi-mystique et son désespoir parfois intenable, elle trouve sa vocation dans l’écriture poétique. Celui qui n’a besoin de rien, tout lui manque.  Misère de l'homme qui se suffit,  de l’esprit comblé de lui-même.  Toute la valeur de l'homme est dans sa recherche, son appel, son désir. (Notes intimes) Sa v...

La force d'être heureux

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  « E coutez ! Je sais que parler ne signifie rien ; mieux vaut prêcher d’exemple et se mettre simplement à l’œuvre… J’ai déjà commencé… et… et est-ce réellement on peut être malheureux ? Oh ! Qu’importent mon affliction et mon malheur si je me sens la force d’être heureux ?  Je ne comprends pas, sachez-le, qu’on puisse passer à côté d’un arbre sans éprouver à sa vue un sentiment de bonheur, ou parler à un homme sans être heureux de l’aimer… Oh ! Les paroles me manquent pour exprimer cela… mais combien de belles choses nous voyons à chaque pas, dont l’homme le plus dégradé ressent lui-même la beauté ? Regardez l’enfant, regardez l’aurore du Créateur, regardez l’herbe qui pousse, regardez les yeux qui vous contemplent et qui vous aiment… » Dostoïevski,  L’idiot  (Quatrième partie, ch. VII)

La comtesse de Ségur, grand-mère modèle

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Les rayonnages de la Bibliothèque Rose regorgent de romans de la comtesse de Ségur, dont certains sont connus de tous comme Les malheurs de Sophie . Sous leur allure enfantine, la morale est très saine et les histoires remarquablement racontées : à mettre dans toutes les petites mains ! S ophie Rostopchine est née en Russie en 1799. Elle est issue d’une famille noble, et reçoit une excellente éducation. Son père, le comte Fiodor Rostopchine est maire de Moscou et possède le domaine de Voronovo, une vaste propriété où travaillent 4000 serfs. Sophie est une petite fille turbulente, corrigée sévèrement par sa mère qui lui inflige de dures punitions : privation de nourriture, enfermement, humiliations, coups. Cela la marque durablement et cette thématique reviendra souvent dans ses romans, comme Les malheurs de Sophie  qui s'inspire directement de sa propre expérience.  A treize ans , elle se convertit de l’orthodoxie au catholicisme contre l’avis de son père. Celui-ci est disgra...