Vivre pour les autres
« Pourquoi suis-je heureux ? Et pourquoi ai-je vécu jusqu’ici ?
Comme j’étais exigeant pour moi-même,
comme je cherchais loin et ne me suis procuré que honte et chagrin !
comme je cherchais loin et ne me suis procuré que honte et chagrin !
Et pourtant, je le vois, je n’ai besoin de rien pour mon bonheur ! »
Et soudain un monde nouveau se
découvrit à lui.
« Le bonheur, le voici, se dit-il à lui-même,
le bonheur consiste à vivre
pour les autres.
C’est clair. L’homme a reçu un appétit de bonheur ; donc cet appétit est
légitime.
En le satisfaisant égoïstement, c’est-à-dire en recherchant pour soi richesse,
gloire, commodités de l’existence, amour, il peut se faire que les
circonstances ne permettent pas de satisfaire nos désirs.
Ainsi, ce sont ces désirs qui sont illégitimes, et non l’appétit de bonheur.
Alors, quels sont les désirs qui peuvent toujours être satisfaits, en dépit des
conditions extérieures ?
Lesquels ? La charité, et le renoncement ! »
Lesquels ? La charité, et le renoncement ! »
Tolstoï, Les Cosaques (1863).
Józef Brandt, Noce cosaque (1893).

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