La force d'être heureux
« Ecoutez ! Je sais que
parler ne signifie rien ; mieux vaut prêcher d’exemple et se mettre simplement
à l’œuvre… J’ai déjà commencé… et… et est-ce réellement on peut être malheureux
?
Oh ! Qu’importent mon affliction et mon malheur si je me sens la force d’être
heureux ?
Je ne comprends pas, sachez-le, qu’on puisse passer à côté d’un arbre
sans éprouver à sa vue un sentiment de bonheur, ou parler à un homme sans être
heureux de l’aimer… Oh ! Les paroles me manquent pour exprimer cela… mais
combien de belles choses nous voyons à chaque pas, dont l’homme le plus dégradé
ressent lui-même la beauté ? Regardez l’enfant, regardez l’aurore du Créateur,
regardez l’herbe qui pousse, regardez les yeux qui vous contemplent et qui vous
aiment… »
Dostoïevski, L’idiot (Quatrième partie, ch. VII)

Commentaires
Enregistrer un commentaire