Le chien, meilleur ami de l’homme à travers les siècles

Amis des chiens, cet article est pour vous ! Il est l’un des premiers animaux à avoir été domestiqués par l’homme, bien avant le bœuf ou le cheval : les plus anciens restes retrouvés datent en effet de 33 000 ans. Son nom savant est Canis lupus familiaris : c’est une sous-espèce descendant du loup gris.


Les plus anciennes traces d’histoire humaine nous offrent des représentations de chiens dans les peintures rupestres, et cela n’a rien d'étonnant, car ils étaient déjà de précieux auxiliaires, ayant un talent particulier pour la chasse. On pense que la domestication a commencé dans le territoire correspondant à l'actuelle Sibérie ; les peuplades qui y vivaient ont commencé à cohabiter avec des loups. En effet, ils chassaient le même type de proies et l’homme a peu à peu utilisé l’ancêtre du chien pour l’assister.


Chiens chassant un cervidésite préhistorique d'Acacus (Lybie).

Dans l’Antiquité, les chiens ont déjà les fonctions qui sont encore les leurs de nos jours : animaux de compagnie dans les familles, chien de berger ou de garde à la campagne, chien de combat pour la guerre. On connaît l'amusante mosaïque retrouvée à Pompéi, avec l'inscription « Cave Canem » – Attention au chien ! Ces mises en garde étaient fréquentes à l'époque, et le poète romain Pétrone en fit les frais comme il le raconte avec humour :

« Quant à moi, j’admirais bouche bée, quand, sursautant de peur, je faillis me rompre les jambes. A gauche de l’entrée, non loin de la loge du portier, un énorme chien tirait sur sa chaîne. Au-dessus de lui, était écrit en lettres capitales : Gare, gare au chien. Vérification faite, ce n’était qu’une peinture sur la muraille... Mes compagnons se moquaient de ma frayeur. »
Pétrone, Le Satyricon, chap. XXIX.


Cave Canem, mosaïque du Ier siècle avant Jésus-Christ retrouvée à Pompéi.

Le Moyen-âge est l’âge d'or de la chasse. Les seigneurs possèdent de vastes chenils et les chiens sont spécialement dressés pour accompagner les expéditions et battues. Les grands traités de vénerie datent de cette époque, ils expliquent en détail les techniques pour chasser les différents gibiers, ainsi que tout ce qui est nécessaire à la réussite de cette activité. L’élevage des chiens en fait partie, avec des descriptions précises du dressage et des soins à apporter aux animaux. En revanche, dans quartiers pauvres, les chiens errants restent mal-aimés car sources de maladies et de violences.

« Comment on doit mener les chiens ébattre »enluminure du Livre de chasse de Gaston Phébus,  comte de Foix (1331-1391).

La Renaissance voit le chien entrer dans les salons, pour le divertissement des enfants et des dames aisées. Cela n’est pas du goût de tous, comme l'auteur Érasme qui s’indigne dans ses Adages de voir « ces chiens sans autre utilité que la distraction de matrones gâtées et oisives » ! Les chiens sont présents dans les scènes de la vie quotidienne et apparaissent naturellement dans les portraits de l’époque, comme des membres de la famille. Ils sont souvent symboles de fidélité, et sont parfois représentés jusque dans la mort aux pieds du gisant de leur maîtresse.


Ce beau lévrier monte la garde aux pieds de Marguerite de Foix, épouse de François II, duc de Bretagne. Ce tombeau en marbre, situé dans la cathédrale de Nantes, a été commandé par leur fille Anne de Bretagne pour honorer la mémoire de ses parents.

A partir du XVIIe siècle, le nombre de races augmente, cette diversification étant due à la spécialisation des chiens pour telle ou telle activité. Les chiens de meute laissent la place aux chiens de compagnie qui tiennent un rôle social important. Ils sont représentés comme des personnes à part entière, de manière très réaliste, avec leur caractère et leur personnalité. On connaît par exemple les noms des chiennes préférées du roi Louis XIV, car les fit représenter en grand format (1,6 par 2 mètres !) par son peintre officiel.

Bonne, Nonne et Ponne, chiennes de la meute de Louis XIV, chassant (Alexandre-François Desportes, 1702, musée du Louvre).

De nos jours encore, les chiens sont des compagnons appréciés et fidèles, qui peuvent presque devenir des symboles : difficile d’imaginer feue la reine Elizabeth II sans ses célèbres corgis, ou Tintin sans Milou. Ils accompagnent aussi les grandes expériences humaines. Ainsi, la chienne soviétique Laïka est le premier être vivant à être mis en orbite autour de la Terre, en 1957.

La littérature et filmographie enfantine sont riches de belles histoires de chiens, qui ne manqueront pas de distraire les petits à défaut de posséder son propre chien ! Petite liste non-exhaustive :

·         Le Loup et le Chien (Jean de la Fontaine, 1668)

·         Croc-Blanc (Jack London, 1906)

·         Lassie, chien fidèle (Eric Knight, 1940 puis différents films)

·         Disney : La Belle et le Clochard (1955) ; Les 101 dalmatiens (1961)

·         Belle et Sébastien (série en noir et blanc de Cécile Aubry, 1965 ; plusieurs films, entre 2013 et 2022)

·         Beethoven (1992)

Un défi : retrouverez-vous les races de tous les chiens cités ci-dessus ?

Et pour finir, pourquoi ne pas leur faire écouter des morceaux classiques en lien avec leur animal préféré pour éveiller les oreilles des enfants ? Voici quelques idées :

·         Leopold Mozart : Sinfonia « La Chasse » et autres musiques de chasse

·         Frédéric Chopin, op. 64 n°1 : Valse dite du « petit chien »

·         George Gershwin : Promenade - « Walking the Dog »


Réponses. Croc-Blanc : chien-loup – Lassie : colley – la Belle et le Clochard : cocker et terrier écossais - Belle et Sébastien : montagne des Pyrénées – Beethoven : saint-bernard.

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